Il y a treize ans, MPL ne se doutait pas un instant que le Printemps de Bourges, l’Olympia, les Francofolies de La Rochelle et le Zénith de Paris deviendraient les climax de son année 2026.
Galvanisante et fédératrice, saine et progressive : la déferlante MPL se déploie à dimension humaine. Une montée en puissance crescendo, sans relâche et dénuée du marqueur « tube estampillé radio ». Parce qu’ils - et elles - sont désormais des centaines, des milliers aux concerts de la formation grenobloise. Des fidèles, des avertis, des curieux, des convertis. Qui connaissent intégralement leurs leçons chantantes en même temps qu’ils se montrent constamment disponibles pour scander les refrains, essuyer une larme ou basculer dans un abandon chaloupé.
Admirablement soudés, ces empathiques enfants du désordre ne cessent d’imposer leur singularité et leur vision grâce à des valeurs sincères et un travail tout-terrain. Une musique sans réelle famille affiliée, décomplexée et libre, jamais rétive aux mélanges des genres, à califourchon entre la chanson acoustique, la pop et de légères influences urbaines ou électroniques. Des concerts dopés par une théâtralité à la fois rieuse et dansante. Des chansons qui réconfortent l’âme et les cœurs mieux que n’importe quel brasier. Des angles d’attaque aux humeurs fragmentées et à la nostalgie joyeuse, conscients mais s’interdisant toutes velléités moralisatrices. Ces cinq garçons-là n’ont pas fini de fouiller dans le coffre à jouets de leurs envies avec leur quatrième disque Bisou magique : sa charge mélancolique, ses assauts sonores plus aériens qu’à l’accoutumée, son pouvoir guérisseur ont un impact réconfortant.
Photo ©Audoin Desforges