Quelle plus grande peur, pour un artiste, que de perdre ses moyens sur scène ? Voilà le rêve de Raphaël et le point de départ de son concert-spectacle. L’artiste tâte ses poches, trouve son portable… et sollicite l’aide de l’IA : « Je veux que les gens passent une soirée inoubliable », précise-t-il. « Commence par des choses simples, lui répond la voix. Un karaoké. Les gens adorent ça. »
C’est dans ce récit que s’entremêlent les tubes de Raphaël et une poignée de standards revisités. Se déroule alors le fil d’une vie, des époques, sous les commentaires intempestifs d’une IA assez critique. Pourtant ce sont les émotions et les souvenirs qui s’égrènent d’une œuvre à l’autre.
La mise en scène de Cyril Teste brouille la frontière entre le réel et l’irréel : l’écran alterne des séquences filmées en live et des scènes enregistrées ; les effets visuels font un écho hypnotisant avec l’orgue en verre présent sur scène ; les cordes d’Une autre vie sont samplées mais un orchestre apparaît pourtant à l’image… À l’heure où le déploiement de l’IA nous pousse à questionner la véracité de ce que nous entendons et voyons, ce spectacle nous rappelle la beauté de ce que nous ressentons.